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Hugo Hay, un athlète formidable !

  • tbrossard3
  • 7 mai 2021
  • 8 min de lecture


À 24 ans, Hugo HAY, originaire de Bressuire ne cesse d’impressionner. Il fait partie de ces diamants bruts de l’athlétisme Français. Les élèves de la Section Arbitrage du Lycée de la Venise Verte ont eu la chance de pouvoir échanger avec lui sur sa vie en tant que sportif professionnel.


Hugo Hay s’est spécialisé en demi-fond vers l’âge de 15 ans. Avant cela, il a essayé d’autres sports comme le football, le tennis, avant de se mettre à l’athlétisme. Ses spécialités sont aujourd’hui le 3000m, le 5000m et le cross. S’il n’a jamais mis de côté ses études (il a obtenu un bac général), il gagne sa vie grâce à l’athlétisme, en tant que professionnel. (Toutefois, le salaire des athlètes professionnel est minime comparé à ceux de d’autres sports comme le football).


Après une saison compliquée en 2018 due à une blessure et une situation d'entraînement compliquée (il s'entraînait seul et avait peu de soins médicaux) dans sa ville natale, Bressuire, Hugo Hay décide de changer de site d'entraînement et de découvrir la Belgique pour se professionnaliser. Il change d'entraîneur et se tourne vers un entraîneur plus scientifique, adepte des recherches et analyses sur le corps, la psychologie, mais également excellent dans la préparation physique et entraînement. Cela tombe bien, c’est exactement ce que Hugo recherchait. Le bocain a trouvé un groupe d'entraînement de qualité (notamment un de ses coéquipiers belges qui a obtenu la médaille d’argent au championnat d’Europe en salle à Torun) et n’est plus obligé de s'entraîner seul. Tout cela l’a fait progresser. Au-delà des relations sportives, Hugo s’est forgé des liens d'amitié avec ses partenaires belges. Il nous affirmait qu'il n'y avait aucune concurrence entre eux et que c'est avant tout de “bons” humains. Entre eux, ils s’entraident pour se tirer chacun vers le plus haut et devenir meilleur lors des entraînements, mais également lors des compétitions.

En effet, lors des championnats d’Europe de Torun en 2021, les deux Belges et Hugo ont mis une tactique en commun et se sont portés en tête de course aux premiers tours, essayant de faire leur course pour eux-mêmes, mais aussi pour que l’un des trois montes sur le podium, ce qui fut fait notamment le cas avec le belge Isaac KIMELI. Lors de ces championnats d’Europe, Hugo Hay avait modifié sa tactique par rapport à ce qu’il avait l’habitude de mettre en place. Auparavant, il tentait de se mettre en fin de peloton, de remonter ses adversaires vers la fin de course pour enfin accélérer et imprimer son rythme. Cette fois-ci, il avait décidé, avec son coach de mener l’allure et le rythme afin d’être bien placé à l’emballage final, ce qui fut réussi et il obtiendra une belle sixième place pour ses premiers championnats d’Europe seniors (7min 51 au 3000m soit 23km/h de moyenne).

Hugo vise encore plus haut et notamment des médailles, et, pour cela, il compte se professionnaliser encore plus notamment avec ce qu’il appelle "l'entraînement invisible ”, ce qui signifie une alimentation, hydratation et un sommeil parfait. Hugo le sait et met tout en place pour avoir cette hygiène de vie qui lui fera gagner des petites secondes, les plus importantes pour atteindre les meilleures places mondiales. Pour en arriver là, Hugo court entre 110 et 130 km par semaine en 9 séances d'entraînement où il s'entraîne quelques fois 2 fois par jour. Il fait beaucoup de footing à haute allure, 45, 50 minutes à 17 km/h de moyenne, mais également deux séances de musculation, trois de renforcement musculaire et des séances d’aérobie notamment le mercredi et dimanche qui sont plus dures.

En marge des compétitions, il fait 3 séances plus dures par semaine pour se préparer et quelques jours avant la compétition, il se repose pour arriver en forme et frais. Tous ces entraînements et son rythme de vie sont beaucoup de sacrifices pour certains, mais Hugo en est conscient et ne le regrette pas. Il se pose l'exigence par lui-même, il se connaît, connaît son corps et il sait que pour arriver au gratin mondial, il a l’obligation de passer par là. Le professionnalisme dans le sport pourrait, pour certains, être difficile à vivre, Hugo lui est serein. On sait qu’un sportif épanoui est un sportif efficace et qui réussit des performances importantes. Hugo a pour lui “la chance d’être pro et de vivre de sa passion” et son entourage malgré la distance, est essentiel pour lui et l’aide beaucoup pour gérer la pression qu’il peut y avoir autour de lui. Pourtant, Hugo est assez imperméable à la pression. Avant les compétitions, il sait qu’il est prêt et il a confiance en lui grâce à tous ses entraînements et le travail accompli. Cette confiance couplée à tout son travail ne peut que le faire arriver au sommet mondial de l'athlétisme dans les années à venir.



Sa vie de sportif : la Covid-19 n’a pas changé les habitudes de l’athlète français. Et ce, même s’il doit faire très attention et bien respecter les règles sanitaires, car s’il est positif au virus, il peut perdre jusqu’à deux semaines d’entraînement. Une ou deux semaines d’entraînement sont très importantes pour la préparation des compétitions. Bien qu’en ce moment, il n’y a plus de compétitions, étant toutes annulées ou reportées à cause du virus.

Hugo nous a expliqué une journée type pour lui :

8 h : lever + petit déjeuner

-10 h : entraînement

-16 h : entraînement

-Soir : étirement + Massage

Ce rythme de vie l’oblige à avoir une hygiène de vie soignée. Cela passe d’abord par le sommeil, avec des nuits de 9 h et une sieste entre 20 minutes et 1 heure en fonction de ses entraînements dans la journée. L’alimentation est aussi un facteur important, et c’est pour cela qu’il consulte une diététicienne. Il nous a confié que parfois ce n’est pas simple, qu’il se force à manger des aliments qu’il n’apprécie pas forcément, mais il compense en continuant à consommer des aliments qui lui font plaisir.

Lorsque l’on observe la journée type d’Hugo Hay, il dispose quand même d’un petit peu de temps libre. Lui, il occupe son temps libre en jouant à la console, en lisant des journaux et il nous a avoué perdre beaucoup de temps sur les réseaux sociaux (surtout Twitter).

L’athlétisme est un sport moyennement reconnu en France, mais cela n’impacte pas la carrière d’Hugo Hay. Il peut dire qu’il trouve ça dommage, car c’est le sport n°1 olympique. Lui, pense que l’athlétisme n’est pas rendu assez attractif. Malgré cela, il estime qu’il est important de continuer à former des stars telles que Renaud Lavillenie, Kevin Mayer ou encore Usain Bolt pour donner envie aux jeunes de regarder et leur donner envie de faire de l’athlétisme. Quant à lui, il se concentre sur sa carrière et ses performances, car beaucoup d’athlètes vivent dans des conditions précaires, mais ils s’accrochent. Pour lui, c’est aussi une force pour l’athlétisme. Après avoir parlé d’objectif avec lui, Hugo Hay en a beaucoup comme tout sportif compétiteur mais son objectif principal est de se qualifier pour participer aux Jeux olympiques 2024.






Sa vision du monde :

Pour Hugo, les réseaux sociaux sont de bons tremplins pour une carrière de sportif de haut niveau, car il permet de pouvoir montrer ses talents, mais aussi de se créer une communauté qui attire par la suite des sponsors ou des partenariats qui sont signe de revenu. Malgré cela, il existe encore plein de danger pour un athlète de haut niveau, car, en effet un mot, ou retweet mal perçu par la fédération ou encore sa communauté peut entraîner de graves sanctions comme la fin de partenariat ou encore la fin d’une carrière.

Grâce à son intervention au sein de notre section, nous avons pu en apprendre un peu plus sur sa propre gestion des réseaux sociaux. Ce jeune athlète utilise principalement deux réseaux sociaux pour s’exprimer. Le premier est Instagram avec 8 600 abonnées et le second Twitter, où il compte un total de 1500 abonnés. Pour lui, les réseaux sociaux permettent à l’athlète de dire ce qu’il pense tout en faisant attention à ce qu’il dit. Car, comme il l’a souligné, un athlète de haut niveau n’est pas libre, n’est pas censuré pour autant, mais a une image publique qui est très importante, car cette image fait la notoriété de l’athlète. L’importance d’être reconnu par les réseaux sociaux est donc très importante dans le sport et peut amplifier la pression sur un athlète. Mais cette notoriété permet à l’athlète d’être sponsorisé et de mettre en avant son sponsor sur ses réseaux ce qui lui permet d’être rémunéré. Ce qui est peut déjà être compliqué dans certains sports l’est plus particulièrement dans l’athlétisme. En ce qui concerne Hugo, il nous confié qu’il essayait, sur ces réseaux, d’être lui-même c’est-à-dire authentique, vrai et drôle. Le dopage dans le sport est un phénomène malheureusement omniprésent. Celui-ci permet au sportif d’augmenter ses capacités beaucoup plus rapidement qu’un athlète non dopé. En effet, de nombreux sports comme le cyclisme ou encore l’athlétisme sont touchés par cela. Ici, nous allons plus particulièrement nous intéresser au dopage dans le monde de l’athlétisme.

Pour commencer, un athlète dopé va être meilleur qu’un athlète non dopé, car grâce aux dopages, il va avoir une meilleure endurance et une récupération plus rapide pour les prochaines séances d'entrainements.

Pour Hugo, son niveau est dû uniquement à son travail et à ses entrainements qu’il a endurés tout au long de sa jeune carrière. Pour lui, le dopage est quelque chose de complètement immoral qui ne devrait pas être présent dans le sport. Les fédérations ont décidé de mettre en place des contrôles anti-dopage avec l’appui de l’agence mondiale anti-dopage qui est entièrement financé par le CIO (comité internationale olympique). Pour les athlètes, les produits dopants sont à double tranchant : ils peuvent ; d’une part, augmenter leurs performances, mais peuvent aussi, d’autre part être très dangereux car ils peuvent provoquer de graves problèmes comme des arrêts cardiaques.

Malgré cela, le dopage reste toujours aussi présent dans le sport et plus particulièrement dans l’athlétisme. Certains sportifs comme Hugo se battent au quotidien pour faire disparaître le dopage dans le sport en élevant leur voix contre ce fléau. En postant, par exemple, des publications sur les réseaux pour dénoncer ceci. Les fédérations font de leurs mieux pour supprimer cela, mais ceci reste encore trop faible, car seule une très petite part des athlètes dopées sont positifs, car « ils se dopent intelligemment ». Tout cela est amplifié par la présence de l’argent dans le sport, gagner plus pouvant être un motif poussant l’athlète à se doper.

La non-notoriété de l’athlétisme est un fléau pour beaucoup d’athlètes. Celui-ci est un sport que de nombreuses personnes connaissent, mais ce sport est très peu télévisé. En effet, qui savait que les championnats d’Europe seniors se sont déroulés à Torun du 4 au 7mars dernier ?

Pour commencer, l’athlétisme est un sport que presque tout le monde peut pratiquer. En pratique, il suffit juste de mettre un pied devant l’autre et d’aller le plus vite possible pour par exemple l’épreuve du 3000m. Cette sensation de simplicité rend le sport beaucoup moins intéressant à regarder. Pourtant, l’athlétisme est un sport complet où tout se joue dans les détails, car perdre 1 seconde peut vous faire perdre 5 voire 6 places. Pourtant, comme le cite Hugo Hay, "l’athlétisme est un beau produit" avec de très bonnes performances et comme cela se joue aux détails, il y a toujours ce stress de savoir qui va gagner. Malheureusement, l’athlétisme est sali par de nombreuses affaires de dopage qui ternissent la réputation de ce sport. Toutes ces histoires font ressortir le cliché que presque tous les athlètes sont dopés. Pour le spectateur, regarder une course avec des athlètes dopés n’est pas très intéressant.

Malgré cela, quelques chaînes continuent à diffuser ponctuellement de l’athlétisme, comme l’équipe 21 qui met en avant de nombreux sports avec peu de visibilité, mais aussi les chaînes France Télévision sur certains meetings. Ou encore Eurosport, qui pour les championnats d’Europe en salle ont signé un accord avec la fédération d’athlétisme française pour diffuser quelques épreuves disputées par des athlètes Français. En ce qui concerne Hugo Hay, il n’est pas très soucieux de la visibilité de l’athlétisme, ayant pour lui stabilité financière qui lui permet d’être assuré pour la suite.


Les élèves de la Section ainsi que les formateurs remercient Hugo pour son intervention avec une ouverture d’esprit et une spontanéité sur tous les sujets. Nous te souhaitons le meilleur pour la suite !




 
 
 

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