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Le VAR, un réel atout pour les arbitres ?

  • tbrossard3
  • 4 avr. 2021
  • 5 min de lecture

A l’heure où les plus grands championnats nationaux l’ont adopté, le Video Assistant referee suscite de grands débats. En effet depuis mars 2018, la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) autorise et promeut l’utilisation du VAR dans les compétitions nationales. Véritable chamboulement dans le football professionnel, cette nouveauté est-elle pour autant un bienfait ?





Sa première utilisation remonte à 5 ans, le 6 mars 2016, lors de la demi-finale de la coupe du monde des clubs opposant l’Atlético National au Kashima Antlers. Depuis ce match, le VAR a été mis en place dans 10 championnats nationaux qui sont : l’A-League Australienne (2017), la Serie A (2018), la Bundesliga (2018), la Liga Nos (2018), la Jupiler Pro League (2018), l’ Eredivisie (2018), l’Ekstraklasa (2018), la Ligue 1 (2019), la Liga (2019) et la Premiere League (2019). Son utilisation se prolongera ensuite dans la Ligue Des Champions, à partir de 2019, ainsi que dans les compétitions européennes (Europa League, SuperCoupe de l’UEFA, Ligue des Nations, etc…).


Ce nouvel équipement accordé aux arbitres afin d’être sûr de prendre les bonnes décisions aux bons moments est alors perçu comme un atout pour le football professionnel, mais quand est-il vraiment ? Son utilisation est-elle toujours juste et justifiée ? Son utilisation est-elle encadrée de manière à ce que tous les arbitres soient en accord sur les décisions qui sont prises ? Finalement, le VAR est-il vraiment un atout pour l’arbitrage et pour le football professionnel ?


Avant de répondre à ces interrogations, rappelons en quelles circonstances le VAR peut être utilisé. Il n’est utilisable que lorsque l’arbitre central commet une erreur claire et évidente ou lors d'une erreur manifeste de l’arbitre. Cependant, ces conditions ne s’appliquent que lors d’actions particulières à savoir:

- Un but marqué

- Un penalty

- En cas d’erreur d’identité lors d’une sanction (Avertissement ou Exclusion)

- En cas d’une exclusion directe non sanctionnée


Si une action est conforme auxdites conditions, l’arbitre est alors appelé à venir consulter les images vidéos à la suite desquelles il sera dans l’obligation de prendre une ou plusieurs décisions. Rappelons également que l’arbitre central est le seul à prendre une décision et qu’il est également le seul à pouvoir demander le visionnage des vidéos. Il n’y a aucune limite de temps pour prendre sa décision et l’arbitre central doit être visible afin de démontrer une transparence et une indépendance quant au choix de sa décision.

Maintenant que nous connaissons les règles du VAR, nous pouvons tenter de répondre aux différentes questions posées plus tôt.


Le VAR possède de nombreux avantages. Il permet une équité des décisions lorsque l’arbitre se trompe ou qu’il ne voit pas un fait. Il permet ainsi, par exemple, d’accorder un but ou d’en annuler un. Cependant, son utilisation reste très libre et l'interprétation de l’arbitre reste la principale décisionnaire. C’est ce point qui nourrit les polémiques autour de l’arbitrage vidéo car sur une même action deux arbitres n’auront pas forcément la même logique et la même interprétation du jeu. Cette différence est la responsable des phrases telles que “La semaine dernière, monsieur X avait sifflé cette faute. Le VAR a deux poids deux mesures !”.




Ce genre de commentaire révèle bien le point négatif du VAR : elle n’est pas là pour prendre les décisions, mais pour assister les arbitres. Le fait que le VAR intervienne ne veut pas dire que la décision prise sera la bonne, car disons le une nouvelle fois : l’arbitre est le seul juge d’une action. Il l'interprète et juge l’action selon ses propres critères et selon sa manière d’arbitrer.


L'assistant vidéo crée un second problème : le VAR analyse chaque but et les acteurs ne peuvent parfois pas prendre de plaisir avant 6 minutes. Comme nous l’avons dit plus tôt, il n’y a pas de limite de temps quant à l’utilisation de l’analyse vidéo. Ce qui, dans certains cas, rend le temps d’attente insupportable pour les joueurs mais également pour les spectateurs. En effet, mettons nous dans la tête d’un supporter qui voit son équipe marquer un but splendide dans les arrêts de jeu. L’arbitre est alerté par le VAR que le buteur est possiblement hors-jeu. L’arbitre va donc, avec ses assistants, analyser l’action seconde par seconde pour ôter le moindre doute quant à la validité du but. Admettons que cette analyse ne dure que 4 minutes au bout desquelles l’arbitre accorde le but. L'enthousiasme et la joie du supporter seront nettement moins importants que s’ils avaient été spontanés et non coupés par une vérification arbitrale. Ce problème est souvent exprimé par les officiels d’équipe comme Alain Casanova (ancien entraîneur du TFC) : “Cela part d’un bon sentiment, mais là, ça devient presque insupportable. Toutes les actions sont discutées, analysées. Cela tue le foot, qui ne doit pas avoir de temps morts. Ça tue le jeu, tout s'arrête à chaque fois !”. En sachant que toutes ces critiques externes sont accentuées par des contestations de plus en plus présentes sur le terrain, l’arbitrage n’est pas sur le point de se débarrasser de certaines incivilités et nous pouvons même ajouter que l’arbitrage vidéo les a développées sans le vouloir et que cette attitude de contestation s’étend de plus en plus au football amateur.

En effet, bien que les contestations des joueurs soient dans le jeu depuis toujours, le VAR, dans certains cas, décrédibilise l’arbitre et montre à tous les spectateurs qu’il n’a pas su prendre la bonne décision au bon moment. Le cas échéant les joueurs utilisent l’erreur de l’arbitre pour le discréditer auprès des médias et ils influencent, volontairement ou non, les jeunes générations.

Ainsi, nous avons pu constater ces derniers temps que de plus en plus d'arbitres du monde amateur se font contester, parfois violemment. Bien que l’instauration du VAR ne soit pas le seul et l’unique responsable de ces actes, nous ne pouvons pas nier qu’il y est participé à leurs proliférations dans le monde du football bien que cette participation soit involontaire.


Cependant, malgré tous ses défauts le Video Assistant Referee reste un outil important pour le football, son utilisation reste à perfectionner mais au fur et à mesure du temps le débat sur le VAR s’estompera. Rappelons pour finir que même si le VAR est là pour épauler l’arbitre dans sa prise décision, ce dernier reste le seul maître des ses choix. L’arbitre faisant partie du jeu et étant un humain, il peut parfois se tromper dans une prise de décision tout comme un joueur peut rater un coup franc ou un penalty. L’arbitre ayant cependant une importance dans le cours du jeu, ses erreurs sont souvent mises en avant au point que parfois, nous en oublions qu’il ne reste qu’un Homme et qu’il ne peut pas toujours faire un match d’une perfection exemplaire.


Robbin PLANTET et Lucas MARLIER


Liens utiles :

https://www.lemonde.fr/sport/article/2019/10/28/football-la-detestation-du-corps-arbitral-a-pris-une-tournure-patho logique_6017222_3242.html


- Article Le Monde sur la contestation des décisions arbitrales depuis la mise en place du VAR



https://www.theifab.com/laws/chapter/5

- Lien de l’IFAB sur la loi du VAR

 
 
 

1 commentaire


natyguyot
04 avr. 2021

Merci à vous pour cette article très intéressant et constructif. Vos points de vu reflète selon moi très bien la réalité.

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